Pâques 1947: le ket va en ville avec Moema, il a mis son beau paletot et sa pinnemoech du dimanche. Peut-être qu'il va voir saint-Nicolas car il a l'air d'avoir un peu les poepers, ça se voit à la forme de son orteil gauche dans sa molière droite, mais pour ça il est trop tôt ou bien trop tard dans la saison. Tout ce qu'il va voir, rue Neuve, c'est les cloches, mais ça, y en a toute l'année, hein ?
Et ce rotte clown de Zwette Piet n'a qu'à bien se tenir, car tu vois à son air décidé que le ket va pas se laisser faire, et pas par les cloches non plus, potverdekke !.
Depuis lors, il a perdu sa moech et ses cheveux avec, alors...
Pourquoi se couvrir la calvitie d'une perruque, alors qu'une perruche calopsyte, en plus, est capable de chanter ?
Ca est une zwanze.
Je te donne d'abord un petit mot d'explication pour que tu comprends bien le comment du pourquoi: mes romans se passent souvent dans les Marolles, ou en tous cas, à Bruxelles.
Ils sont écrits en fransquillon pour que tout le monde comprenne, enfin, les pas ketjes ou zinnekes aussi, quoi, mais il y a des belgicismes et des mots de bruxellois tout plein partout. C'est fait en exprès, qu'on dit chez nous.
Le naturel,fieu,tu sais rien là-contre.
Donc il faut pas être né au centre géographique de la Vosseplein pour savoir les lire, mes romans, si ça sait te faire arrêter de bibberer de trouille comme ça.
Je te mets aussi un ballotin de praniles de poésie pour te faire une petite douceur en spitant. C'est sur la page Un peu de poésie
Et une page pipoles car je sais que tu raffoles. Mais comme j'avais pas Brid Patt, Ange et Lina Julie, Rossen Boestrink et les autres, alors j'ai mis Roza et sa clique à la place. Ça va aussi, hein ?
Mais attention, tu sais ? Mes Marolles, ça est quand même un peu comme un rêve de rêveur. Je les écris comme elles sont dans ma tête. Ya des azaaïnzaaïkers (ou des pisse-vinaigre si tu aimes mieux) qui vont venir me dire que leurs Marolles, c'est pas comme ça. Eh ben les miennes, oué. C'est comme ça que je les vois et pas autrement.
Eh là, camarade, je suis un histoirien escriveur, moi, je suis pas un guide touristique, hein fieu !
Pauvre Mère, croquis de Bernadette NEF

Ma première caisse en 1952
Photos C.Vdb